Guide · Documents de fin de contrat

Attestation France Travail : contenu, remise, erreurs et demande de rectification

Ce site ne fournit aucun conseil juridique. Ce guide explique les règles générales ; il ne dit pas ce qui s'applique à votre situation.

Règles vérifiées le

Mis à jour le · 6 min de lecture

La réponse courte

L'attestation France Travail est remise au salarié à la fin du contrat et transmise par l'employeur à France Travail sans délai. Elle sert à calculer les droits au chômage : motif de la rupture, dates, salaires, sommes versées. Si une indication est fausse ou incomplète, le salarié peut demander à l'employeur de la corriger ; sans correction, il peut saisir le conseil de prud'hommes.

Préparer ma demande de rectification

À quoi sert l’attestation France Travail ?

C’est l’attestation que l’employeur établit à la fin du contrat pour que le salarié puisse faire valoir ses droits au chômage art. R1234-9. France Travail s’en sert pour vérifier le motif de la fin du contrat et calculer l’allocation.

Elle est due dans tous les cas : licenciement, démission, rupture conventionnelle, fin de CDD, rupture pendant la période d’essai, départ à la retraite (F2867).

Quand et comment est-elle remise ?

Deux circuits, en même temps :

  • vers France Travail : l’employeur la transmet « sans délai ». À partir de 11 salariés, la transmission est électronique art. R1234-9. Les employeurs en DSN la transmettent par un « signalement de fin de contrat de travail unique » depuis leur logiciel de paie (France Travail) ;
  • vers le salarié : l’employeur lui remet un exemplaire signé (France Travail).

Côté salarié, l’attestation est quérable : l’employeur la tient à disposition dans l’entreprise, il n’a pas à l’envoyer (F2867).

À quelle date ? À la fin du contrat. S’il y a un préavis, c’est la fin du préavis, même non effectué. En cas de dispense de préavis, elle peut être remise le jour du départ effectif, si le dernier bulletin est prêt (F2867). Aucun texte lu pour ce guide ne fixe un délai en jours au-delà de cette date.

Que contient-elle ?

Le modèle est fixé par l’organisme gestionnaire de l’assurance chômage art. R1234-10. Le guide de saisie de France Travail décrit ses grandes parties :

Partie Ce qu’on y trouve
Salarié Identité, date et lieu de naissance, numéro de sécurité sociale
Emploi et contrat Type de contrat, emploi, temps de travail, lieu de travail
Arrêts et suspensions Arrêts de travail et périodes de suspension du contrat
Rupture du contrat Motif de la fin du contrat, préavis, dates
Salaires et primes Salaires mois par mois et primes
Solde de tout compte Indemnités versées à la rupture

Les erreurs fréquentes

Les rubriques les plus sensibles sont celles qui changent le calcul ou l’ouverture des droits :

  • le motif de la rupture : par exemple une démission inscrite à la place d’un licenciement, ou l’inverse. Service-public cite le motif inexact comme exemple d’erreur (F2867) ;
  • les dates : embauche, fin du contrat, dernier jour travaillé et payé ;
  • les salaires : un mois manquant, un montant différent du bulletin, une prime oubliée ;
  • le préavis : effectué, dispensé par l’employeur, non applicable ;
  • les sommes versées à la rupture : indemnité, congés payés ;
  • l’identité : nom, numéro de sécurité sociale.

Une attestation absente ou remise en retard peut retarder le versement de l’allocation chômage (F2867). Ce guide ne dit pas quel effet une erreur donnée a sur les droits : France Travail est le seul à le dire.

Comment demander une rectification ?

Service-public indique que le salarié peut demander à l’employeur de corriger une attestation qui contient de fausses indications ou des informations incomplètes (F2867).

Côté employeur, la correction se fait en ligne : l’attestation modifiée et transmise remplace la précédente. Certaines données d’identité ne se modifient pas : l’employeur annule alors l’attestation et en saisit une nouvelle. Après correction, il imprime l’attestation, la signe et la remet au salarié (guide de saisie de France Travail, septembre 2025).

Une demande écrite garde la preuve de la date. Elle indique, rubrique par rubrique :

  1. ce que l’attestation indique ;
  2. ce qui devrait y figurer ;
  3. le document qui le montre (lettre de licenciement, convention de rupture, bulletins de paie).

La lettre recommandée avec avis de réception garde la preuve de l’envoi. L’État ne propose pas de modèle officiel pour ce courrier.

Et si l’employeur ne corrige pas ?

Si l’employeur ne corrige pas l’attestation, ou en remet une nouvelle erronée, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes (F2867). Pour une attestation absente ou remise en retard, service-public ajoute que des dommages et intérêts peuvent être demandés si le préjudice est reconnu ; il ne le dit pas pour une erreur non corrigée. Voir saisir les prud’hommes.

Le code du travail prévoit aussi une amende pour l’employeur qui ne remet pas l’attestation : jusqu’à 1 500 € pour une personne physique, 7 500 € pour une société (F2867). Nos courriers ne la citent pas, pour garder un ton neutre.

Quel délai pour agir ?

Aucun délai légal n’est fixé pour la demande de rectification elle-même. Une action devant le conseil de prud’hommes sur la rupture se prescrit par 12 mois à partir de sa notification art. L1471-1 (F2360). Une demande sur l’attestation pourrait relever de ce délai : c’est la lecture la plus courte, retenue par prudence.

Exemple. Un salarié est licencié par lettre envoyée le 14 septembre 2026. Il reçoit son attestation le 20 novembre 2026 : elle indique une démission.

Repère Date
Date limite prudente (12 mois après l’envoi de la lettre) 13 septembre 2027
Date d’envoi conseillée de la demande 27 août 2027

Avec une lettre datée du 2 décembre 2026 et un délai de réponse de 15 jours, la réponse est attendue le 17 décembre 2026. Ce délai de 15 jours est un choix du site, pas une règle légale. Plus la demande part tôt, plus tôt France Travail dispose d’une attestation juste.

Et si l’attestation n’est pas arrivée du tout ?

Dans ce cas, il ne s’agit pas d’une rectification, mais d’une demande de remise. Notre demande des documents de fin de contrat est gratuite, comme le modèle officiel du ministère du Travail. Voir aussi que faire si le solde de tout compte n’arrive pas.

Et ensuite

  1. Vérifier (gratuit) : comparer l’attestation à ses bulletins et à la lettre de rupture. Le vérificateur du solde de tout compte recalcule les sommes versées à la rupture.
  2. Réclamer par écrit : la demande de rectification de l’attestation reprend vos dates et vos salaires dans un tableau rubrique par rubrique (9 €, sans offre avec suivi). Attestation jamais reçue : la demande des documents de fin de contrat, gratuite.
  3. Étape suivante : France Travail pour l’effet sur vos droits ; un syndicat, un défenseur syndical ou un avocat pour un avis ; sans correction, saisir les prud’hommes.

Liste à imprimer

Vérifier mon attestation France Travail

Une erreur sur l'attestation ? La demande de rectification

Recopiez ce qui figure sur l'attestation et ce qui devrait y figurer, rubrique par rubrique, avec vos justificatifs. Le courrier reprend vos dates et vos salaires ; vous le relisez, le signez et l'envoyez vous-même. 9 €.

Préparer ma demande de rectification